• Chapitre 2 : Une décision

    Chapitre 2 : Une décision

     

     

     

     

     

    Tout est noir… Tout est lointain. Un vague bruit d’eau qui tombe, des brides de voix, un léger souffle sur ma peau.

    Tout est noir. Je suis trop faible pour comprendre ou même réfléchir. Je sens le vent sur moi, le tremblement dans la voix de quelqu’un, mais je ne sais pas qui. J’essaye d’ouvrir les yeux, mais trop faible, je n’y arrive pas. Je prends de plus en plus conscience, je cherche dans ma mémoire à qui appartient ces voix. Il y a des pleurs, à moins ce que ce ne soit que de l’eau qui tombe. Je me force à réfléchir… au bout de quelques secondes qui me paraissent longues je distingue les voix, sens le vent frais sur ma peau, entends la pluie battante dehors, les bruits de la nuit, des pleurs… Mes yeux roulent sous mes paupières, j’essaye de les ouvrir mais rien n’y fait je suis trop faible. J’entends au loin Loyo qui rejette la faute sur les filles, sur le village et sur le monde mon état. Intérieurement je rie, elle abuse toujours. Je ne suis pas mourante tout de même. Je me sens pleinement consciente quand un oiseau hurle dans le noir de la nuit. Enfin j’imagine puisque je ne peux le voir. Ce son si étrange et particulier me faire ouvrir les yeux, comme si j’étais emplie d’une nouvelle énergie.

    Mes yeux ouverts je vois la lumière blafarde de mon lampion accroché au plafond s’étaler dans la pièce. Je fais rouler mes yeux sur la droite, je remarque la fenêtre ouverte, je comprends alors d’où vient la légère brise. Je remarque une tasse fumante posée sur ma table de nuit, remarque qu’aucun rideau n’est tiré. Je vois Ginia appuyée contre le mur, les yeux fermés, des traces de pleurs sur ses joues rouges. Je déloge mon regard et regarde à gauche. Lentement je vois Sohara et Loyo se disputer, encore. L’une hurle sur le monde, l’autre essaye de crier plus fort. Plus je les regarde plus je comprends que Loyo est terrifiée et que Sohara tente de la rassurer… Derrière elles, je vois mon entrée plongée dans le noir. Lentement je pose à nouveau mon regard sur le plafond et laisse le frais de la pièce m’imprégner. Je pense. Tout cela ressemble à un mélodrame bien ficelé.

    Un coup de vent parvient de la fenêtre. Je ferme les yeux et frissonne. Il fait plus froid dans la pièce. Je perçois le bruit d’une fenêtre qui se ferme, j’ouvre les yeux et vois Ginia revenir se placer contre le mur.

    Je réfléchis à ce qu’il m’est arrivé. Je me souviens de m’être réveille en hurlant, de m’être évanouie puis… rien. D’un coup, sans le vouloir, je vois à nouveau mon rêve, le sang, les filles, et je finis par secouer la tête pour chasser de moi cette pensée.

    Soudain, j’entends Loyo s’exclamer d’une voix tremblante :

    - M ! Tu es réveillée, M !

    Elle se précipite près de mon lit, me prends ma main droite et me la presse doucement. D’un coup c’est comme si la terre avait tremblé, Ginia et Sohara arrivent vers moi, et elles me posent toutes des questions.

    - Comment te sens-tu, M ? demanda doucement Sohara.

    - Cela… cela peut aller, je me sens bien… dis-je d’une voix faible.

    - Veux-tu quelque chose ? De l’eau ? Te reposer, peut-être ?plaisanta Sohara.

    - Nan, mais ça va peut-être aller là, ça fait cinq jours qu’elle roupille je te rappelle ! dit Ginia en riant.

    Elles rirent toutes, et je me laissais à rire doucement, moi aussi.

    - Je te remercie, finis-je par dire, je veux bien un peu d’eau.

    - Un Sake, un ! s’exclama Ginia. Rien de tel pour te remettre d’aplomb !

    - Nan mais ça va pas la tête, toi ! s’époumona Loyo. Du Sake alors qu’elle n’arrive limite plus à parler ?!

    - Ma foi, pourquoi pas, souriais-je.

    Alors que nous regardâmes Ginia me chercher un Sake dans le frigo, Loyo me lança un regard outré :

    - Tu ne vas quand même pas faire ca, me dit-elle d’un ton choqué.

    - Et pourquoi pas ? dis-je en avalant une gorgée de Sake.

    - Parce que tu n’es pas encore remise de ton état, dit-elle fermement.

    Ginia l’interrompit brusquement :

    - Allons Loyo, ne fait pas ta rabat-joie ! s’exclama-t-elle 

    - C’est vrai, pour une fois qu’on peut s’amuser ! renchérit Sohara.

    - OK les filles, mais, ne comptez pas sur moi pour vous soignez une par une, dit-elle sèchement.

    - Ginia, peux-tu me resservir, s’il te plaît ? dis-je avec une voix cassée.

    - OK, tournée générale pour tout le monde, s’écria-t-elle.

    Après quelques heures passées à dessaouler, Ginia se décida à partir. Elle prit ses affaires et me souhaita une bonne nuit, puis ce fut au tour de Loyo de partir. Enfin, Sohara m’adressa un au revoir de la main puis referma la porte de l’appartement. Aussitôt la fatigue accumulée me plongea dans un profond sommeil. Juste après avoir fermé mes yeux, je commençais déjà à m’agiter dans mon lit.

    Je me trouvais encore dans cette forêt, elle était plus sombre que la dernière fois. Toujours devant Sohara, tenant le kunaï ensanglanté. Celle-ci me regardait froidement. Mon regard porta plus loin, derrière elle, et j’aperçu une ombre qui se découpait nettement au travers des arbres. C’est la première fois que je la voyais. Etais-je trop troublée pour la remarquer lors de ma première vision ? Mais qu’est-ce que cela impliquait ? Sohara et cette ombre allaient-elles de paire ? Je n’avais pas le temps d’y réfléchir maintenant. J’essayais tant bien que mal de découvrir à qui appartenait cette ombre. Je ne la reconnaissais pas, mais elle m’était familière. Je cherchais désespérément à qui elle pouvait appartenir. Pourquoi m’était-elle familière ?

    Sans crier gare, celle-ci s’élança d’un coup sur moi. Elle me plaqua rudement au sol, j’en eu la respiration coupée et mes poumons se vidèrent de mon précieux oxygène. La main noire s’empara de ma gorge et serra avec une force prodigieuse. Mes poumons vides, la main m’empêchant la capacité de respirer, je suffoquais et essayais de me débattre comme je le pouvais, c’est-à-dire misérablement. Mais elle était trop forte, je ne pouvais rien faire. Tout devenait noir, ma vision se brouillait. La dernière image qui s’inscrivit sur ma rétine fut l’ombre se fendant en un étrange sourire difforme, un mélange de haine et de jubilation. Soudain tout disparut.

    Je me réveillais trempée de sueur et haletante. Mes cheveux plaquait sur mon front formaient un rideau devant mes yeux que j’écartais d’une main tremblante. Un nouveau rêve. Plus long, plus précis. Mais que signifiait ce rêve ? Une fois, d’accord. Mais deux ? Et surtout, pourquoi cela m’arrivait-il, à moi ? Mon cerveau ne parvenait pas à réfléchir à toutes ces questions.

    D’un coup, toutes ces émotions – la peur, l’incompréhension, le doute, la fatigue – additionnées me vidèrent d’un seul coup. Elles pesèrent sur mes épaules, et je fus instantanément vidée. Je m’endormis pour la seconde fois ce soir, dans état de demi conscience. Heureusement pour moi, mon sommeil fut sans rêve cette fois.

    Quand le lendemain mon réveil sonna, je marmonnais machinalement : « Dix heures ». J’eu du mal à ouvrir mes yeux mais je forçais à le faire. Je relevais mon torse avant de basculer mes jambes en dehors du lit. Je glissais mes pieds dans mes chaussures de ninja, que j’avais depuis des années. Je me glissais dans la salle de bain et procédais à une rapide toilette. L’eau brûlante de la douche me fit le plus grand bien, mais je ne pu empêcher un frisson de me parcourir. Perdue dans une béatitude totale j’entendis soudains un bruit sourd. Celui-ci dût se répéter plusieurs fois avant que je comprenne qu’il provenait de ma porte d’entrée de mon appartement. On toquait.

    Je criais depuis la douche que j’arrivai. Les coups arrêtèrent de suite, ouf, ce n’était pas un idiot. Je coupais les robinets et pris une serviette. Je me séchais rapidement et m’enveloppa de la serviette humide. J’en pris une seconde pour enrouler mes cheveux, ce qui formait une espèce de turban bizarroïde. Je quittais la salle d’eau, et me dirigeais vers la porte. Je regardais par le judas et vis que mon visiteur était en fait Loyo. Effectivement elle était très loin d’être idiote. J’ouvris la porte et lui dis d’entrer.

    J’avançais dans la chambre et ouvris l’armoire. J’y pris un pantacourt noir et une tunique rouge. Quand je fermais la porte, je vis Loyo, Sohara et Ginia s’impatienter de ma « lenteur ». D’ailleurs je ne les avais même pas remarquées.

    Elles me proposèrent un entraînement matinal pour parfaire notre nouvelle technique commune. Après une rapide réflexion j’acceptais, cela ne pouvait pas nous faire de mal. Je fis le tour du lit, cherchais rapidement dans la table de nuit et en pris ma sacoche à kunaï ainsi que ma poche médicale. Je les fixais à ma ceinture et pris mon gilet sombre. Je ne pris pas la peine de me changer et nous quittâmes l’appartement, les filles me précédant. Une fois celui-ci fermé à clefs.

    Nous traversâmes la ville qui était déjà pleine de commerçants négociant ce qu’ils appelaient des affaires à ne surtout pas manquer. Des badauds couraient à leur travail ou leur échoppe. D’autre partaient aux récoltes ou vaquer à leurs différents tâches ménagères de la journée.

    Il nous fallut dix minutes pour atteindre notre terrain d’entraînement habituel. Désert comme à l’accoutumée il nous permettait de nous entraîner facilement. Quatre poteaux en bois, que nous avions installés nous-mêmes il y a plusieurs années, nous faisaient face, comme s’ils nous défiaient. A cela nous répondîmes par shuriken. Lancés avec adresse ils atteignaient toujours leur cible, aucun ne se perdait au sol ou n’allait se fichait dans un arbre qui entourait le terrain. Nous passâmes immédiatement à un footing et un parcours du combattant que nous avions aménager dans les bois voisins, suivis d’une séance de malaxage de chakra, puis d’utilisation de jutsu simples pour s’échauffer. Loyo testait ses techniques régénératives, Sohara ses jutsus Katon et Ginia ses Futon. Quant à moi je m’exerçais au Raiton, cet élément me posait particulièrement problème. Il n’était pas mon élément de base, qu’était le Suiton, mais je trouvais que l’association des deux pouvait être fortement utile. Après une heure, quand nous décidâmes de travailler notre jutsu commun, un ninja envoyé par la Mizukage vint nous chercher. Il nous demanda de le suivre sur un ton qui n’attendait et qui ne permettait aucunes répliques. Alors, sans mot, mais avec des regards interrogateurs échangés avec mes amies, nous le suivîmes vers le bureau du Kage.

    Nous traversâmes le village rapidement, nous passâmes devant quels échoppes, puis devant un parc où les filles et moi allons souvent pour passer des après-midi entre filles, pour nous vider la tête et oublier un peu l’atmosphère des missions. Je tourne la tête vers cet espace vert si calme. Je ralentis le pas et je me fais rappeler à l’ordre immédiatement par le ninja de la Mizukage. Il ne rigole celui-là, cela doit être vraiment important. Enfin quoi que cela puisse être, il m’insupporte. Je ravale ma colère et avance.

    Au loin je vois les lumières des appartements de la Kage qui nous attend. Le ninja nous presse encore, je vais péter un câble, et vite. Mais je tente de me retenir, je serre les poings et ma mâchoire en espérant que cela va passer, mais il continue ces réflexions et j’ai de plus en plus de mal à me retenir. S’il termine au sol en deux coups de poings qu’il ne vienne pas ce plaindre.

    - Je savais que les femmes étaient lentes, mais là, c’est abusé. Mais qui pouvez vous bien être pour que la Mizukage ne veuille que vous.

    - On n’est pas toi pour commencer, lâcha Sohara en plaquant le ninja contre un mur à droite de nous. On est forte, on est intelligente, on est des femmes oui, et on est en colère. Tu veux encore l’ouvrir ?

    Le regard noir de Sohara en disait long sur ce qui allait advenir du ninja s’il oser répliquer.

    - Oui, vous êtes des femmes, donc vous êtes connes, et si vous êtes énervées c’est que vous avez toutes vos règles en mêmes temps.

    Une flamme s’alluma dans les yeux de Sohara, une flamme de haine et de colère, je devais sans doute avoir la même, moi qui pensais que je serais la première à craquer je voyais bien que non. Un craquement sourd me tire de mes pensées. Puis un cri horrible, très aigu.

    - Et tu prétends être un homme ? Tu es une femmelette. Nous sommes les hommes ici. Brise lui l’autre bras, dis-je calmement.

    Sans aucune réponse Ginia lui brisa son autre bras. Loyo ne resta pas en reste, elle lui attribua un magnifique coup de pied dans les parties sensibles.

    - A partir de là, les femmes peuvent se débrouiller seules. Reste au sol, homme, dis-je en imitant la vois qu’il avait utilisé pour dénigrer les femmes.

    Je regardais les filles et d’un hochement de tête entendu nous reprîmes notre course. Nous partions de plus belle pour arriver le plus vite possible.

    A peine deux minutes plus tard nous étions devant la porte de la Mizukage, complètement épuisées.

    La main tremblante, dû à notre course acharnée, je toquais fébrilement. Une douce voix, nous parvint depuis l’intérieure.

    - Entrez.

    Ma main glissa le long de la porte, et saisi la poignée que je tournais. Du plat de la main je poussais la porte et nous entrâmes, Ginia referma la porte.

    - Je vous attendais, merci d’être venues si vite. Mais…, elle s’interrompit soudain.

    Elle pencha la tête derrière nous, regarda partout dans la pièce puis nous regarda à nouveau. Mais que cherche-t-elle ?

    - Où est le ninja qui vous accompagnait ? Il s’est perdu ?..

    - Euh… commençais-je, oui, oui, il s’est perdu.

    - On ne peut vraiment compter que sur soi-même ici, bref, passons, dit-elle avec un sourire ravageur. Je vous disais donc… ah ce petit con, même absent, m’a pété ma mise en scène, elle soupire de plus belle. Donc, je vous attendais. Avez-vous décidé laquelle d’entre vous est la plus sexy ?

    - Non, mais vous allez nous dire pourquoi nous devrions choisir ?

    - Je vous le dirai après, allez, choisissez, nous invitait-elle.

    - Non, faîtes le vous-même, dis-je.

    Il y eu un silence, accompagné d’un regard pesant de la Mizukage sur chacune d’entre nous.

    - Ce sera Sohara, son charme n’a pas d’égal parmis vous, bande de bouseuses, dit-elle en pouffant doucement.

    - Non, mais je ne vous perme…, débutais-je.

    - Ouiiiiiii ! c’est moi, j’ai gagné ! s’exclama Sohara.

    - Ta gueule, s’écrièrent Loyo et Ginia ensemble.

    Et elles repartaient pour se battre, encore. Je soupirais et secouais la tête. Je vais m’asseoir près de la Mizukage et nous regardons le match endiablé que nous offre les filles. Au bout de quelques minutes je lui demande :

    - Pourquoi devions nous choisir ?

    - Pourquoi cela devait être toi, tu veux dire ? me répondit-elle.

    - Non, pourquoi cette question, pourquoi la plus sexy d’entre nous, quel rapport avec la mission ?

    - La même réponse ma jeune enfant, l’une d’entre vous doit s’infiltrer dans ce réseau secret qui prépare le coup d’état. Il n’accepte aucune fille, sauf si celle-ci, en plus de compétence remarquable au combat, peut offrir…

    - Du bon temps à ces messieurs « Je suis un ninjas mais un homme avant tout » ? finis-je.

    - Pour rester polie… oui ! s’exclama-t-elle. Je ne l’aurais pas dis comme ça, mais oui, me sourit-elle ravie. Bon, calme les, j’ai peur de me casser un ongle si j’interviens, rigole-t-elle.

    Je lève les yeux au ciel et pose deux doigts sur ma gorge, je laisse influer du chakra et ma voix et décupler : « C’est pas bientôt finit, oui ?! ». J’avais mis trop de chakra, beaucoup trop. La moitié de la pièce fut éjecté en l’air, dont les filles. Je me tournais vers la Mizukage :

    - Voilà, elles sont calmées.

    - Mais tu as saccagé mon bureau !

    - Je sais, c’était un petit bonus, dis-je tout sourire.

    Ses yeux virèrent au rouge et me lancèrent des éclairs, avais-je bien fait de faire semblant de l’avoir fait exprès finalement ? Je me faisais toute petite. Les filles s’étaient relevées et prenaient place près de moi, ce qui détourna momentanément l’attention de la Kage sur autre chose que sur moi.

    - Excusez-nous, Mizukage-sama.

    - Vous pouvez l’être, mais je vous pardonne mes bichonnes, sourit-elle.

    Mais elle est complètement tarée celle-là, y a deux secondes elle était à deux doigts de me frapper et là « mes bichonnes » comme si nous étions copines comme cochonnes. Cela ne tourne pas rond chez elle, mais vraiment. Si l’examen d’entrée pour devenir Kage est basé sur la bêtise dans notre village, Sohara sera vite élue. Je pouffe intérieurement.

    - Sohara, dit la Mizukage avec un tel sérieux que je l’écoutais avec attention pour la première fois depuis cinq ans, tu porteras ceci.

    Elle tendit une robe tout à fait aguichante à Sohara, qui fut outrée qu’on luit propose une tenue si « affriolante ».

    - Vous devriez le dire si le but de cette mission est de me faire passer pour une … catin et une soubrette, dit-elle d’une voix pleine de colère.

    - Mais non, mon enfant, regarde, tu as des collants, ça passera tout seul !

    Sohara rejeta la tête en arrière et tourna les talons, elle allait partir, je le savais. Je l’attrapais par le bras et lui dit que nous lui trouverions une tenue plus appropriée plus tard. Le calme revenue nous avons pu reprendre.

    - Maintenant, les filles, je voudrais m’entretenir seule avec Sohara, veuillez nous laisser, dit-elle doucement en me regardant. Toi et moi, nous réglerons nos différents plus tard, sourit-elle.

    Décontenancées par la nouvelle, nous nous échangeons des regards avant de convenir de les laisser. Nous nous retirons sans bruit, et je fermais la porte derrière moi. Je tournais la tête vers la porte et hésitais quelques secondes à rester là, à écouter leur conversation, puis je renonçais. Pourquoi me méfierais-je de la Mizukage ? Pourquoi ais-je ce sentiment stupide que je devrais me méfier d’elle ? Que quelque chose ne va pas dans ce plan dont je ne connais pratiquement rien ? Pourquoi suis-je autant sur mes gardes ?

    Je me mis en marche et après une rapide bise à Ginia et un câlin à Loyo, je fonçais chez moi. J’avais un mauvais pressentiment. Il ne me quittait pas, il me collait à la peau. Pourquoi ? Pourquoi étais-je si méfiante tout à coup envers la Mizukage ? Son histoire de coup d’état m’inquiète, oui, certes, mais quelque chose cloche. Pourquoi y aller par la manière douce ? Autant tout réduire en un joli tas de cendre fumant, non ? Je sais que ce n’est pas la meilleure des méthodes, mais qu’est-ce que c’est que cette idée de mettre Sohara en péripatéticienne au milieu de mâle en rut ? Quelque chose ne va pas. Quelque chose ne va pas, je le sens. Je passais la porte et m’appuyais sur celle-ci. Je réfléchissais mais pas assez vite.

    Je réfléchissais, mais que me manquait-il ? Quels éléments me faisais défauts ? A qui pourrais-je les demander ? La Mizukage ? Je ne sais pas… L’entretien privé veut dire que je ne pourrais rien demander à Sohara. Je me fais un rapide rappel de toutes personnes à qui je pourrais m’adresser mais une seule me revient toujours en tête : la Mizukage. Quand j’y pense elle a une façon tout à fait bizarre et décontracté de nous dire qu’il y a un coup d’état. Comme si tout était sous contrôle… Comme si elle n’avait pas peur qu’il intervienne maintenant car… il est sous son contrôle ? Non il faut que j’arrête de penser à cela, je me lève, et retourne aux appartements de la Mizukage. J’ai des questions auxquelles je veux des réponses qu’elle seule pourra me donner.

    Quand j’arrive je toque à la porte et entre à la volée, sans attendre d’autorisation. Elle est seule et me regarde surprise. J’ai quitté son bureau il y a une vingtaine de minutes, elle doit se demander pourquoi je reviens si tôt.

    - Oui ?

    - Où est Sohara ? je demande, quand je me rends compte de son absence.

    - Elle est en mission, tu le sais, dit-elle sèchement.

    - Hum, déjà ? Je vous dérange ? J’aurai quelques questions à vous poser, si…

    - Je n’ai pas le temps, j’ai une réunion avec les hauts dirigeants du conseils dans quelques minutes cela attendra.

    - Très bien, excusez moi de vous avoir dérangé.

    Je quitte son bureau prestement après ces paroles et rentre chez moi rapidement. Je ne sais pas pourquoi j’ai l’impression d’être suivie. Il faut que je rentre vite et que je mette tout au clair dans mon esprit.

     

    Chez moi, je referme immédiatement la porte et les fenêtres. Je ne suis pas tranquille. Pourquoi Sohara est-elle partie si vite ? Pourquoi l’entretien a-t-il duré si peu de temps, alors qu’il s’agit d’une mission capitale ? Pourquoi la Mizukage ne nous a pas parlé, à nous, d’une réunion avec les hauts dirigeants du conseil ? Elle veut leur parler du coup d’état ? Les mettre au courant de son existence ou … de son avancée ? Il faut que je me calme, je commence à soupçonner tout le monde. Stop. Je souffle et inspire un grand coup. Il me faut des réponses, et toutes ces questions me ronge.

    Premièrement : un coup d’état, connu de la Mizukage, nullement inquiétée, qui envoie Sohara en tenue alléchante entre les mains d’hommes en manques. Deuxièmement : une réunion du conseil dont nous n’avons pas eu vent. Troisièmement : je me sens surveillée, suivie et non en sécurité.

    Surveillée… suivie… questions… réponses… ? Je sais à qui je dois parler !

    Je prends les clefs sur le meuble de l’entrée et ouvre la porte, vite il faut que je le retrouve, avec un peu de chance il est encore étalé par terre. Il faut que je me dépêche.

    J’ouvre la porte en grand, lève la tête et fonce, après avoir refermé celle-ci.

    Je cours comme une dératée dans la rue jusqu’au lieu où nous avions laissé le ninja au sol, pour mort. Mais il ne reste plus rien, pas de ninja, pas de corps, pas de sang sur le mur ou au sol, pas d’objet brisé. Comme si tout avait été maquillé… La Mizukage devrait savoir où il est passé… Je me tourne et regarde vers le sud, vers les appartements de la Kage. Le soleil réfléchit sur les vitres, au travers desquelles je ne peux rien voir. Mais… s’il elle a réunion avec le conseil… elle n’est pas dans son bureau. Non… oserais-je ? Je ne fais pas ça, je ne doute jamais d’elle d’habitude… Pourquoi maintenant ? Tout en réfléchissant j’avance. Une fois en bas du bâtiment je me rends compte que je vais le faire. Inconsciemment je le veux, car je veux des réponses. Je sais pourquoi je doute, car je n’ai pas de réponses. Je pousse la porte et monte.

    Une fois devant le bureau j’essaie d’entrer en tournant la poignée, mais elle est verrouillée. Je fais le tour, va au bout du couloir, et discrètement entre par la fenêtre ouverte. Quel Kage laisserait son bureau ouvert ? Je lève les yeux au ciel, pour la deuxième fois de la journée dans cette pièce. Bon… maintenant je fais quoi ?

    Mes mains cherche d’elle-même, j’ouvre les tiroirs, l’armoire, regarde dans les piles de dossiers sur le bureau, rien. Rien qui cloche. Je m’attendais à quoi ? Une affiche avec écrit « Viens me lire » ? Je souffle de ma bêtise, mais un détail m’attire sur le bureau. Je m’approche et je m’assoie sur la chaise. Je repère un minuscule bout de feuille qui dépasse. Je tire sur celle-ci mais elle vient difficilement, le petit bout se déchire à moitié, j’arrête. Cela constitue une preuve que quelqu’un est venu ce petit déchirement. Je regarde plus en détail le bureau, je sais ce que je veux, et je sais ce que je cherche. Je prends le couteau à ouvrir les lettres du Kage et la passe dans le bureau, juste à côté de la feuille, et soulève. Le bois se lève, un double fond. Je ne soulève qu’un peu, je ne veux pas faire tomber tous les dossiers. Je tire celle que j’avais vu dépasser. J’ouvre de grands yeux en lisant ce qui s’y trouve.

    Soudain j’entends du bruit dans le couloir, la voix de la Mizukage, merde ! je pousse la feuille le double fond, retire le couteau et le replace. Je me lève et me précipite vers la fenêtre.

    - Venez vous asseoir ici, nous pourrons parler plus librement, dit la voix de la Mizukage derrière moi.

    J’entends les mécanismes de la porte rouler quand je passe mon deuxième pied dehors.

    - Ouh, attendez, je vais fermer la fenêtre, dit une voix d’homme que je ne connais pas.

    Je suis adossé au mur, juste à côté de la fenêtre, je vois l’ombre de l’homme approché, et je vois le pan de mon T-shirt juste devant la fenêtre. Je le tire rapidement et décale sur la gauche. La fenêtre se ferme, aucun souci. Si un, je n’entends plus rien. Je ne peux pas entendre ce qu’ils se disent. Je n’apprendrais rien de plus, il faut que je parte avant d’être vue ici, par n’importe qui, car je suis visible par la moitié du village. Je veux me lever, je donne une impulsion avec mes mains contre le mur, mais mon pied glisse sur une tuile et je tombe du toit. Tout va bien j’en ai vu d’autre, mais j’ai fais un de ces raffuts. Je m’éclipse rapidement avant que quelqu’un ne vienne voir ce qu’il se passe.

    Tout en courant je me pose des questions.

    Qui est cet homme ? Où est Sohara ? Qui manigance réellement ce coup d’état ? Où sont les hauts dirigeants du conseil ? Où est le ninja ? Je cours droit chez Loyo. Quand j’arrive les fenêtres sont fracassées. Je montre quatre à quatre les marches en criant son nom je suis inquiète. La porte est défoncée, l’appartement retourné, je rentre et marche sur des débris de verres, des cadres en bois, des plumes, des gâteaux. J’avance, je fouille l’appartement mais Loyo n’est pas là.

    Maintenant je ne me pose qu’une question, où est Loyo ? 

     

    Quand j’y pense à nouveau je me dis que j’aurai pu réagir autrement et en apprendre tellement plus en restant à côté du bureau de la Mizukage quoi qu’il aurait pu m’en coûter. Je ne sais pas comment, je ne savais pas et je ne sais toujours pas comment mais j’aurai dû… Pardonnez moi les filles, vous me manquez tant…


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